Pierrette Lemoyne au Sénégal

Pierrette Lemoyne vit avec son conjoint Denis Dessaint une expérience de travail humanitaire au Sénégal. Voici quelques réflexions et quelques photos provenant de sa page Facebook.

Voilà déjà une première semaine de travail derrière nous dans le Gîte école de Mbour. Ce lieu où nous vivons et travaillons est une école qui a comme objectif de développer l’autonomie financière des jeunes filles qui la fréquentent (15 ans 30 ans). Quand on apprend que le projet d’école a commencé il y a 15 ans avec seulement 3 machines à coudre à pédales dans un local loué. Ça prenait un homme (Dahouda) un peu visionnaire et très téméraire pour lâcher un job de fonctionnaire avec une bonne sécurité financière pour entreprendre un tel projet. Aujourd’hui on y retrouve plus de 90 étudiantes qui reçoivent une formation soit en couture, cuisine ou informatique. C’est rendu une école bien reconnue qui fait l’envie de bien des sénégalaises. Maintenant on veut développer davantage le côté gîte pour le tourisme humanitaire. Il y a 12 chambres avec salles de bain dont 2 qui restent à finir.

Nous profitons de ce gîte avec nos chambres privées et on se laisse gâter à chaque repas par deux excellentes cuisinières issues de l’école.

Pierrette aide à la francisation quatre jours par semaine. Ça lui rappelle de bons souvenirs. Le mardi elle vient nous rejoindre pour les travaux manuels. Moi je suis dans l’équipe de construction, en d’autres mots l’équipe des jobs de bras. Le bonhomme n’a plus vingt ans..!

À toutes les fins de semaine on nous propose des sorties culturelles. Samedi nous avons visité l’île de Goré que l’on appelle île des esclaves. Avec tout ce qu’on nous a dit on constate que nous vivons à une époque moins barbare. Dimanche nous avons visité une réserve faunique où les cartes mémoires des caméras se sont remplies de photos d’animaux qu’on ne voit pas chez nous.

Nous nous adaptons lentement à entendre les incantations des mosquées et les beuglements des animaux qui nous entourent.

Nous avons vécu une expérience unique avec les deux matchs de soccer (demi-finale et finale) qu’on a regardé sur grande écran avec des sénégalais(es). Notre présence leur a sûrement porté chance. Inutile de vous dire que c’était l’euphorie suite à la victoire. Aujourd’hui le président du Sénégal a été obligé de décréter une journée de congé car le monde était encore en mode festif, pour nous les bénévoles, pas de congé.

Dans l’ensemble, ça va très bien à part la chaleur et les courbatures. On peut dire que la mayonnaise a pris entre les quinze bénévoles du groupe, ce qui rend l’expérience intéressante.

Semaine 2

Déjà 2 semaines que nous sommes au Sénégal, le temps passe trop vite. Cette semaine on a continué ce que nous avions débuté la semaine dernière, c’est à dire monter du sable et du ciment à la chaudière via un câble, trimbaler des blocs de béton, faire du crépi, faire la chaîne, etc. Pierrette a continué avec ses 2 élèves au renforcement du français et des mathématiques. La présence des élèves est souvent chambardée, mais ici on dit « Pas de problème » et on finit toujours par trouver une solution. Cette semaine nous avons eu de la grande visite. Jocelyne, une parisienne qu’on a connue à l’occasion d’un échange de prof. Le jour de son arrivée nous avions une conférence de prévue sur la culture sénégalaise, comment vivent les familles, la place de la femme, comment se passe les mariages etc. Nous profitons de sa présence pour flâner à la plage, explorer les lieux et découvrir les particularités du pays.

 

Les semaines se ressemblent mais les fins de semaine sont très variées. Samedi c’est île au coquillage qui nous a charmés avec ses petites ruelles étroites, ses multiples artisans qui veulent nous vendre leurs produits. Il y a beaucoup de belles choses originales, mais il faut résister à leurs avances. Nous avons écouté attentivement leurs rituels mortuaires au moment d’un décès à l’occasion d’une visite d’un cimetière.

 

Dimanche ça été tout un bain sénégalais. Nous avons été accueillis par les résidents du village de Dobour (900 habitants). Après avoir visité leur dispensaire où on nous a expliqué comment fonctionne leur système de santé, nous avons fait un grand cercle sous un arbre au milieu de la cour où le chef du village nous a raconté l’histoire du village et son rôle. Pendant ce temps les femmes mettaient la table pour nous offrir un repas. C’est à dire étendre quelques nappes au sol et déposer la bouffe dans des grands plats. Une fois le discours du grand chef terminé nous avons envahi les nappes et on s’est accroupi comme on pouvait. On a tenté de manger comme eux comme on pouvait. Avec la main droite, sans ustensiles, ce n’est pas évident. C’était spécial de voir autant de mains fouiller dans la même assiette. On n’a pas la même souplesse et habileté qu’eux mais on s’est rassasié.

Pour terminer la journée, les enfants et les femmes nous ont initiés à la danse. Au rythme du tam-tam, chacune nous montrait son savoir-faire. La participation des enfants à cette fête a ajouté une dimension spéciale. Ils nous ont accompagnés tout au long de notre visite. Chaleureux, curieux et souriants, on en gardera de bons souvenirs.

 

Semaine 3

L’histoire du Sénégal se continue mais elle achève.

Jeudi passé nous avons eu une forme de conférence sur l’animiste c’est à dire une personne qui croit que les éléments de la nature (animaux, plantes, roches, rivières) possèdent une force vitale ou une âme. Oui les sénégalais sont un peuple qui a plein de croyances où les rituels sont bien importants. Lorsqu’on comprend ça, on comprend plein de choses.

Samedi c’était une journée libre. On nous a suggéré un endroit de rêve pour se reposer et se gâter, la majorité du groupe a accepté sans problèmes. On en a eu pour notre argent, c’était un tout inclus avec 3 piscines, la mer, le buffet à volonté, bref c’était le grand luxe. Ça fait contraste avec la réalité que l’on voit tous les jours.

Dimanche nous avons visité un musée. La guide nous a expliqué l’origine de l’enclave, comment les deux guerres mondiales ont influencé le découpage des pays d’Afrique. En visitant le musée on a vue plein de objets qui nous paraissaient barbares, mais qui avait une signification différente pour eux. On a été surpris d’apprendre que le Sénégal est le seul pays d’Afrique à avoir une langue commune, le wolof. Les autres pays ne se sont jamais entendus car les différents ethnies disaient « mon dialecte est meilleur que le tient » avec un tel comportement le consensus est impossible. Après c’est en pirogue qu’on s’est rincer l’œil en longeant l’île aux oiseaux. Nous avons apprécié le repas prise dans un restaurant perdu sur une île déserte.

On nous avait proposé de finir la journée de visite par une soirée de lutte. C’est en visitant une radio communautaire tenu par des bénévoles qu’on nous a expliqué les bases du jeu. C’est loin de la lutte qu’ou connais.

La semaine prochaine nous partons trois jours. Deux nuits à St-Louis et nous coucherons une nuit dans une tante en plein désert, avec la possibilité de faire un tour de dromadaire. Si nous avons le temps, on vous en dira d’avantage.